Faire face au vide. Questionner l’ombre.

L’iconographie des traditions ésotériques est la source principale de mon environnement visuel, je m’intéresse à l’alchimie, à la kabbale, et aux arts divinatoires. Dans ces traditions datant de plusieurs millénaires, j’apprécie le mélange de symbolisme, de figuration-narrative et de schémas technico-religieux.

Pour les alchimistes du XIIe siècle, la quête d’absolue passe par un mélange de travail sur soi et de travail sur la matière. L’étude au laboratoire doit nourrir en permanence les lectures faites à la bibliothèque pour que puisse réellement émerger une compréhension nouvelle de la réalité.

Dans mon travail, je brasse plusieurs médiums, je croise les modes d’expression, je cherche à atteindre une certaine forme de polylinguisme. Au cours de ces dernières années, j’ai constaté que la photographie devenait picturale à partir d’un certain degré d’abstraction et que le dessin prenait une dimension sculpturale à partir d’un certain format : ce sont précisément ces phénomènes de passage qui m’intéresse.

Je cherche à reposer la question du sacré dans un monde envahi par les forces du religieux. Mes ensembles photographiques, mes grands dessins aux fusains, mes installations architecturales font tous appel à la part sacrée de notre être. Le sacré est ici compris comme le lieu du conflit entre énergie et structure, le lieu de l’équilibre entre immanence et transcendance.

  • Egregores vue atelier 1

    Égrégores, pasiphae, MMXV
    2014-2015
    Image extraite d’un ensemble de 18 photographies
    Tirage jet d’encre 80 x 60 cm sur Hahnemühle 300gr.
    Égrégores - Vue d'atelier